samedi 29 juillet 2017

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LES DIX COMMANDEMENTS

INTRODUCTION

Le décalogue ou « les dix paroles » nous est présenté à deux reprises dans l’Ancien Testament (Exode 20 et Deutéronome 5). Le voici, en résumé :
...Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face
Tu ne te feras pas d’image taillée ... Tu ne te prosterneras pas devant elles...
Tu ne prendras pas le nom de l’Eternel ton Dieu en vain
Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier
Honore ton père et ta mère
Tu ne tueras point
Tu ne commettras point d’adultère
Tu ne déroberas point
Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain
Tu ne convoiteras point.
Sans aucun doute, c’est un des textes les plus prestigieux de toute l’Ecriture Sainte. Cette impor-tance est soulignée par le cadre exceptionnellement grandiose dans lequel ces dix commandements ont été transmis (Dieu se révèle sur le Mont Sinaï au milieu du feu, de tremblements de terre et d’un vacarme assourdissant) mais aussi parce qu’il s’agit du seul texte de la Bible que Dieu a écrit lui-même ! (Exode 32.15,16 et 34.1). Notez que Jésus lui-même n’a rien écrit, si ce n’est sur du sable (Jean 8).

CONTEXTE DES DIX COMMANDEMENTS

Il est important de se rendre compte à quel moment de l’histoire du peuple d’Israël Dieu décide de donner à son peuple ses dix commandements.
Le Seigneur vient tout juste de délivrer Israël, son peuple, de l’esclavage de l’Egypte (« à main forte et à bras étendu » cp. les dix plaies). Il y a maintenant quelques semaines que le peuple a traversé la Mer Rouge, qu’il a commencé à être nourri miraculeusement de la manne, et même de cailles. Face aux murmures du peuple, Dieu a demandé à Moïse de frapper le rocher et il en est sorti de l’eau qui a abreuvé tout le monde.... Qui pourra douter alors de l’existence, de la puis-sance, de l’intérêt et de l’amour de Dieu pour son peuple ? Du reste, Israël, sous la conduite de Moïse, vient de chanter un cantique magnifique pour exprimer sa joie et faire éclater sa louange envers son Dieu (Exode 15). C’est alors, et alors seulement que Dieu révèle ses exigences de Dieu pour son peuple.
Le seul fait que Dieu ait écrit de sa propre main ces dix paroles leur donne une autorité incompa-rable qui s’ajoute à ce que Jésus a dit lui-même sur l’ensemble de la Loi dont rien ne devrait être retranché et à laquelle il ne devait rien être ajouté (Matthieu 5.17-21).
Cependant, il est très important de saisir le contexte des dix commandements car sans cela on ris-que fort de passer à côté l’essentiel : Dieu révèle ses exigences à ceux pour qui il est déjà intervenu en les sauvant, ceux avec qui il propose une alliance afin qu’il soit leur Dieu et qu’ils soient son peuple. Sans cela, les dix commandements ne seraient qu’une règle de morale, sans plus. Autre-ment dit, si Dieu n’est pas notre Dieu, si nous n’avons pas fait l’expérience, nous aussi, de sa dé-livrance, de son salut, ... de son amour personnel pour nous, nous ne pourrons pas « vivre » les dix commandements de la bonne manière même si nous mettons toute notre force à vouloir les respecter. Certes, si tout le monde faisait déjà comme ça, notre société s’en trouverait certaine-ment améliorée mais nous n’aurions pas pour autant rejoint l’intention de Dieu qui est, avant tout, de devenir notre Dieu par le salut qu’il nous offre, avant de nous demander quoi que ce soit.

LES DIX COMMANDEMENTS : DIEU VEUT NOTRE BIEN

Le mot « commandement » n’est plus à la mode aujourd’hui. On lui préfère l’épanouissement personnel, le bien-être, l’accomplissement de soi .... Depuis longtemps, il est devenu « interdit d’interdire »et toute contrainte est mal perçue, tant dans l’éducation des enfants que dans la vie en société. Cependant, il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir des conséquences d’une telle manière de penser.
En fait, en nous révélant sa volonté pour nous, Dieu nous témoigne aussi tout l’intérêt qu’il nous porte.
A nous d’accepter de comprendre que Dieu nous aime et qu’Il sait mieux que nous ce qui nous convient et ce qui ne nous convient pas.

LES DIX COMMANDEMENTS : L’HOMME N’EST PAS LA MESURE DE TOUTE CHOSES

Même si la majorité des dix commandements (6 sur 10) concerne l’homme dans ses relations avec son semblable, les 4 premiers nous mettent en face de nos exigences devant Dieu.
Accepter l’autorité de ces paroles, c’est aussi reconnaître que notre conscience n’est pas suffisante pour savoir ce qui est bien et ce qui est mal. Elle a besoin d’être éclairée. Le rôle de la Parole de Dieu est primordial si nous ne voulons pas nous considérer comme dieux nous-mêmes. Même si notre conscience est très importante, elle doit laisser la place au Dieu qui parle : il arrive qu’elle nous trompe, soit en nous faisant appeler le mal bien, soit en nous faisant appeler le bien mal !
Dieu a toujours cherché le bien des hommes (cp. Romains 8.28). A nous de chercher à l’aimer de tout notre coeur, de toute notre force, de toute notre pensée et de toute notre âme. C’est là le commandement qui résume tous les autres et qui nous conduit immanquablement à aimer notre prochain comme nous-mêmes (Matthieu 22.v 34-40).

PREMIER COMMANDEMENT

« Je suis l’Eternel ton Dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude
Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » (Exode 20.3)

1. Dieu se présente.

Le premier commandement est celui dont vont dépendre tous les autres. Mais avant de demander quoi que ce soit à Israël, Dieu tient à rappeler :

1) Qui Il est

« Je suis l’Eternel». C’est ainsi que Dieu s’était révélé à Moïse lorsqu’il lui avait confié sa mis-sion, au moment où il s’était révélé à lui dans le fameux épisode du buisson ardent (Exode 3). Il lui avait alors rappelé qu’il était le Dieu des ancêtres du peuple (Abraham, Isaac, Jacob). C’est en son nom, l’Eternel, que Moïse avait parlé au peuple et à Pharaon jusqu’ici. L’Eternel, n’était donc pas un inconnu pour son peuple.
« ton Dieu » Dieu s’est non seulement révélé à Israël, mais il s’est aussi lié à lui. Encore au-jourd’hui, Dieu ne peut être connu et obéi que s’il est notre Dieu.
N.B. Il est très différent de dire « il y a bien quelque chose au dessus de nous » et d’appeler Dieu « mon Dieu » en toute sincérité (cp Jean 20.17, 28) reconnaissant ainsi qu’il est souverain et qu’il n’a pas de compte à nous rendre.

2) Ce qu’Il a fait pour son peuple

« qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, du pays de servitude » Non seulement Moïse a pu parler en son nom mais Dieu a agi, par des miracles, par les dix plaies, et finalement, en faisant sortir son pays de l’esclavage.
Pourquoi Dieu insiste-t-il en ajoutant : « du pays de servitude » ? C’est qu’Il n’ignore pas que Israël, peuple du Seigneur, va bien vite être tenté d’oublier la misère dans laquelle il se trouvait au-trefois lorsqu’il était en Egypte. Il va même un moment regretter ce dont Dieu l’a délivré ! (« comme nous étions bien en Egypte » cf. Nombres 11.4,5).
Méfions-nous, cela peut nous arriver aussi !
C’est donc parce qu’il est Dieu et parce qu’il a manifesté sa puissance et son amour pour Israël que Dieu est en droit de lui demander ce qui va suivre.

2. Dieu exige !

Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face
A l’époque, et compte tenu du long séjour d’Israël en Egypte, on peut comprendre combien ce commandement était d’actualité mais difficile à observer. Le polythéisme était partout à la mode. Israël « baignait » littéralement parmi les divinités de ses voisins. Il fallait bien du « caractère » pour maintenir une foi en un Dieu unique (qui plus est, invisible) au milieu de peuples qui n’hésitaient pas à accumuler leurs divinités et à leur rendre un culte visible.
C’est un choix difficile, presque impossible, que Dieu demande à son peuple et qu’il lui rappellera tout au long de son histoire (cp. I Rois 18.38 (et tout le contexte) Esaïe 45.5-8 ; Jérémie 10.1-16 cf. Ps.115...) C’est faute d’avoir été entendu que Dieu accomplira sur son peuple les promesses de malédictions dont il l’avait prévenu : notamment la guerre, l’exil et la dispersion (Deutéronome 28 II Chroniques 36.14-21 Daniel 9...). On ne badine pas avec les commandements de Dieu.
Le retour de l’exil marquera un tournant décisif dans la religion d’Israël. La tentation idolâtre s’estompera. Est-ce à dire qu’elle aura disparu pour autant ? A entendre Ezéchiel, il n’en est rien puisqu’il dénonce les idoles qui sont dans le coeur des gens venus le consulter (Ezéchiel 14.3). Elles étaient invisibles aux yeux des hommes mais Dieu les voyait !

3. Jésus et le premier commandement

En disant que « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée» résumait toute la loi de Dieu (Matthieu 22. 37 sans oublier le commandement qui lui est semblable) Jésus a appliqué à la lettre et dans l’esprit le premier des dix commandements.
A d’autres occasions, il a parlé de plusieurs choses qui pouvaient prendre la place de Dieu dans notre vie. Loin d’atténuer le premier des dix commandements de Dieu, il le précise ainsi.

1) Dieu et Mammon (la divinité de l’Argent : Matthieu 6.24)

Comme cette divinité est bien moderne ! Mais de grâce, ne voyons pas seulement les marchés fi-nanciers qui commandent la marche du monde, ou les milliardaires qui font fi de leurs semblables. Il n’est pas besoin d’être un grand de ce monde pour être esclave de l’argent.
Sommes-nous prêts à entendre Jésus et tout l’enseignement de la Bible au sujet de l’argent (par exemple la dîme Deutéronome 14.22 ou l’aumône aux pauvres Luc 12.33) ? Nous aurons alors avoir un premier élément pour savoir qui est vraiment Dieu dans notre vie.
Attention, les pharisiens, à l’époque de Jésus, pensaient respecter scrupuleusement les comman-dements de Dieu au sujet de l’argent (Matthieu 23.23 ; Luc 18.12). Pourtant, ils sont dénoncés comme avares (Luc 16.14). Même notre générosité peut cacher des liens coupables (Actes 5).
Seul, Dieu peut nous révéler à nous-mêmes ce qu’il en est. Il le fera. A condition que nous le lui demandions !

2) Jésus et les nôtres

« Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses soeurs ou sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » (Luc 14.26).
Le sens ne fait aucun doute : il ne s’agit pas de se détester soi-même ou d’avoir en horreur ceux que le Seigneur nous demande par ailleurs d’aimer (Ephésiens 5 par exemple) mais de préférer Jésus par dessus tout (cp. la traduction de la Bible en français courant). Lui seul est digne d’être aimé plus que tout au monde.
Attention aux pièges cependant ! Jésus nous met en garde contre ceux qui se serviraient du commandement de Dieu pour ne pas honorer leurs parents ( Marc 7.11). Aimer Jésus en priorité et par dessus tout nous conduira toujours à aimer notre prochain. N’est-il pas la source de l’amour ? Vouloir renverser les priorités, ce sera nécessairement mal aimer ou, s’aimer soi-même, sans se l’avouer.

3) Jésus et nous-mêmes

La mise au point de Jésus nous concerne puisqu’il ajoute « ou sa propre vie ». C’est que nos idoles d’hier et d’aujourd’hui sont, aux yeux de Jésus, une façon pour nous de prendre la place qui revient à Dieu. N’est-il pas plus facile de rendre un culte à une idole qu’au Dieu vivant et vrai ? En fait, c’est soi-même que l’homme adore lorsqu’il rend un cule à une idole car il en dispose finalement comme il veut.

Questions pour aller plus loin.

- Le fait que ce commandement soit le premier a-t-il, selon vous, une importance ?
- Dieu est-il trop exigeant ?
- Quels sont les dieux d’aujourd’hui qui pourraient faire « concurrence » avec Dieu dans nos vies?
- Ce commandement concerne-t-il seulement le culte, la religion ?


LE DEUXIEME COMMANDEMENT

Tu ne te feras pas d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.. Tu ne te prosterneras pas devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Eternel ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fait miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. (Exode 20.4,5)
Ce commandement est différent du premier. Dans le premier commandement, Dieu s’affirme comme le seul Dieu. Il n’acceptera pas de partage. Lui seul a sauvé son peuple, lui seul est Dieu. Il n’admettra pas qu’une divinité quelconque soit adorée en même temps que lui.
Dans le deuxième commandement, il demande solennellement à Israël son peuple - et à tous ceux qui veulent l’honorer aujourd’hui - de ne pas faire de représentation de Lui. Même s’il ne donne pas ici la raison, nous comprenons que toute image faite de Dieu n’est jamais qu’une caricature qui le déshonore.
Ces deux commandements répondent à la tentation toujours présente chez les hommes de se faire des idoles, soit pour remplacer le Dieu vivant et vrai, soit pour se le représenter, lui qui est invisible.
C’est contre ce commandement que le peuple d’Israël a péché une première fois lorsqu’il a dit à Aaron, le Souverain Sacrificateur : « Allons ! fais-nous un dieu qui marche devant nous, car ce Moïse qui nous a fait sortir d’Egypte, nous ne savons pas ce qu’il est devenu. » Lorsque ce « dieu « ’(un veau recouvert d’or) est fait, tout le peuple s’écrie : « Israël ! voici ton dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte. » Aaron s’est laissé complètement dupé puisqu’il s’écrie ensuite : « Demain, il y aura une fête en l’honneur de l’Eternel ! » (Exode 32.1-5)
Et pourtant, lorsque le Seigneur se révéla au Sinaï, on ne vit aucune matérialisation, aucune forme visible de Dieu. On entendit seulement une voix. Dieu avait pris ses précautions !
Beaucoup plus tard, Jéroboam, à la tête du Royaume schismatique des 10 tribus, a fait édifier deux veaux en or, l’un à Dan (l’extrémité nord de son pays) et l’autre à Bétel (à l’extrémité sud). Il voulait ainsi dissuader ses sujets d’aller à Jérusalem pour y adorer Dieu dans son temple, craignant que ce pèlerinage à Jérusalem donne des idées de retour à l’unité nationale, à son détriment personnel (I Rois 12). Si l’idée politique était astucieuse, elle a conduit à un péché abominable aux yeux de Dieu. Ce péché fut jugé très sévèrement et fut cause d’un jugement sévère de Dieu sur la famille de ce roi impie (cp. I Rois 13.1-10).
En demandant à son peuple un culte sobre, beaucoup plus dépouillé que celui de ses voisins, le Seigneur va directement à l’encontre de la tendance naturelle de l’homme en matière de religion. On comprend alors assez facilement la tentation pour Israël de vouloir une religion qui ressemble à celle de ses voisins, avec des statues devant lesquelles on peut se prosterner, des images que l’on voit, des objets que l’on peut toucher ... C’est tellement plus facile, plus attrayant !
N.B. L’idole est souvent une oeuvre d’art, agréable à regarder. Elle flatte l’orgueil humain mais elle est une insulte à Dieu. Car Dieu n’est pas une idole, un objet qui le rendrait en quelque sorte visible et saisissable. Une idole est bien commode car elle permet une religion à bon marché : Dieu n’y est plus qu’un petit dieu que l’on déplace comme on veut, dont on dispose à son gré tout en prétendant le suivre.
Nous en conclurons pour l’instant que Dieu ne veut pas un peuple religieux mais un peuple croyant et obéissant. Ce n’est pas la même chose. C’est parfois même l’opposé, malgré les apparences.

L’attitude de Jésus et des premiers chrétiens

L’entretien de Jésus avec la Samaritaine (Jean 4) nous montre que notre Seigneur a été encore plus loin : le culte qui doit être rendu à Dieu n’a pas besoin d’un temple (le lieu que l’on dit « sacré » parce que Dieu y est présent et pour lequel on est même prêt à mener des « guerres de religion ») pour être adoré car il est esprit (Jean 4.24). Les premiers l’ont bien compris, eux qui n’avaient ni églises ni temples mais qui se réunissaient dans les maisons pour adorer Dieu.
La première tâche de la prédication des apôtres en milieu païen sera de dire que le Dieu Créateur, Unique, ne ressemble pas à des divinités faites par les main des hommes. Il ne peut être servi de cette manière. Ils auront bien des difficultés à convaincre leurs interlocuteurs (Actes 17.22-31 ; 20.23-27 ; 14.8-18 cf. Romains 1.18-32).

Aujourd’hui

Les Juifs et les Musulmans ont conservé respectueusement ce commandement divin. Il n’y a pas d’image à vocation religieuse dans leur culte. On ne peut malheureusement pas en dire autant dans le christianisme d’aujourd’hui !
Bien entendu, les responsables religieux qui encouragent ou laissent faire l’utilisation de statues ou d’images connaissent le commandement divin. Ils ont donc conçu un certain nombre de distinctions subtiles pour penser ne pas tomber sous le coup du commandement divin. A supposer que ces celles-ci soient justes, il est malheureusement évident que les « fidèles » ne font pas les mêmes nuances savantes lorsqu’ils embrassent l’icône ou qu’ils caressent la statue ou se prosternent devant elle.
Vouloir être plus nuancé que notre Dieu qui nous interdit formellement toute représentation religieuse, c’est nécessairement s’écarter de sa volonté expresse et pendre un chemin déviant qui nous amène loin de lui dans une religiosité dont notre Seigneur ne veut pas. Elle est un blasphème contre lui !

Nos images et nos statues ne sont pas toujours visibles

Attention : il n’est pas besoin de se prosterner devant une statue pour enfreindre le deuxième commandement. Nos « images » de Dieu sont parfois invisibles mais quand même bien réelles !
N’avons-nous pas tous et toujours la tentation de faire Dieu à notre image, d’imaginer Dieu d’une façon qui nous convienne mieux ?

Quelques exemples

Certains n’hésitent pas à dire (parfois souvent) ! « Le Seigneur m’a dit » ou « le Seigneur m’a montré ». Peut-être ont-ils raison car Dieu est vivant et se révèle encore. Mais il nous faut constater aussi que nous arrivons souvent à prendre notre propre désir pour la Parole de Dieu. Dieu devient ainsi notre alibi.
Dans les années 60, ont présentait Jésus comme le premier des hippies. Plus tôt, on avait fait de lui le premier communiste, ou le premier révolutionnaire. Encore aujourd’hui, certains ne retiennent de l’Evangile que les implications politiques ou sociales qui leur conviennent. Pour d’autres; le seul aspect qu’ils mettent en avant de Jésus est son pouvoir de guérison. Le message de certains prédicateurs de l’Evangile est parfois celui-ci : « Si vous êtes bénis par Dieu, il vous le montrera en vous donnant la richesse, la santé, la prospérité. Si vous êtes pauvre ou malade, c’est qu’il manque quelque chose à votre foi » ...
Tous ces discours, toutes ces manières d’être s’inspirent, de près ou de loin, de l’Evangile. Mais ils ne sont pas l’Evangile. N’est-ce pas à chaque fois une manière de se servir de Dieu plutôt que de le servir ? N’est-ce pas présenter une caricature de Dieu qui l’offense ?
Seule une lecture régulière de la Bible dans un esprit de prière et de soumission peut nous éviter de tomber dans le piège de faire Dieu à notre image.

Dieu est un Dieu jaloux

Cette déclaration de Dieu est un bon test pour savoir si nous acceptons ce que Dieu dit de lui-même ou si nous préférons ce que nous pensons de lui, l’image que nous nous en faisons.
Bien entendu, cette « jalousie » de Dieu se démarque de nos jalousies qui sont nécessairement égocentriques et parfois hypocrites. Dans la Bible, la jalousie de Dieu est liée au fait que Dieu étant unique, il est exclusif. Nous n’avons pas le droit de le mélanger à un autre ou de le confondre avec un autre. Notons que c’est une caractéristique normale, même indispensable, de l’amour conjugal.

Qui punit l’iniquité ... qui fait miséricorde

Dieu ne punit pas les enfants à cause du péché de leurs parents (cp. Ezéchiel 18), sauf quand ils le reprennent à leur compte (ce qui malheureusement arrive fréquemment) et que ces péchés perpétrés produisent certaines conséquences sociales et physiques (nous ne le voyons hélas que trop souvent).
La chose importante à souligner ici est que Dieu se caractérise davantage par sa miséricorde pour ceux qui l’aiment que par sa colère à l’encontre de ceux qui pèchent. Sa bonté surpasse infiniment en longueur de temps son courroux.

A méditer

De quelle manière le Psaume 115 est-il toujours d’actualité aujourd’hui ?
Cela vous scandalise-t-il que le plus souvent dans la Bible, même durant les meilleurs périodes, seule une minorité a honoré Dieu de la bonne manière ? Quelle conclusions en tirez-vous ?
Connaissons-nous vraiment celui en qui nous croyons ? C’est en fait ce qui tient le plus au coeur de Dieu (Jean 17.3)

LE TROISIEME COMMANDEMENT

« Tu ne prendras pas le nom de l’Eternel, ton Dieu, en vain ; car l’Eternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain. » Exode 20.7
Pour bien comprendre tout le sens de ce commandement, il vaut la peine de voir comment il a été traduit par plusieurs versions de la Bible :
T.O.B. « Tu ne prononceras pas à tort le nom du SEIGNEUR ton Dieu, car le Seigneur n’acquitte pas celui qui prononce son nom à tort ».
Français courant : « Tu ne prononceras pas mon nom de manière abusive, car moi, le Seigneur ton Dieu, je tiens pour coupable celui qui agit ainsi. »
Rabbinat français « Tu n’invoqueras point le nom de l’Eternel ton Dieu à l’appui du mensonge ; car l’Eternel ne laisse pas impuni celui qui invoque son nom pour le mensonge. »

Signification à l’époque

1. Prêter serment en mentant

En Israël, quand quelqu’un avait un différend avec son prochain, (par exemple, quand une personne était soupçonnée d’avoir volé cf. Exode 20. 7-11) on demandait à la partie accusée de prêter serment au nom de l’Eternel. Ce serment devait mettre en principe un terme à la discussion car on ne pouvait pas imaginer que quelqu’un puisse mentir en prenant le Seigneur son Dieu à témoin. C’est un principe comparable qui amène nos tribunaux à demander à prêter serment à toute personne qui s’apprête à déposer dans un procès.
C’est bien ainsi que le texte du Lévitique 19.12, que l’on peut considérer comme parallèle au troisième commandement, précise : « Vous ne jurerez pas faussement par mon nom, car tu profanerais le nom de l’Eternel ton Dieu. Je suis l’Eternel. »
Si les hommes condamnent le mensonge, encore bien plus notre Dieu qui est jaloux de son honneur. C’est pourquoi on peut difficilement trouver une offense plus grande que celle de mentir en le prenant à témoin.

2. Parler au nom de Dieu sans être envoyé par lui

Il ne faut pas croire que les faux prophètes ont toujours invité les gens à croire en d’autres dieux. Le plus souvent, ils ont été faux prophète parce qu’ils ont parlé au nom de Dieu alors qu’Il ne leur avait rien demandé. Et c’est bien ce qui les condamnera.
Pour des raisons de convenance personnelle (il est toujours plus agréable de parler de paix que de jugement de Dieu (cp. Ezéchiel 31.1-12) ou pour des raisons politiques (Jérémie 6.13,14 ; 14.13-15), des hommes et des femmes ont dit : « Ainsi parle le Seigneur » alors que le Seigneur ne leur avait rien demandé. N’est-ce pas profaner le Nom du Seigneur et se rendre ainsi coupable d’un sacrilège ?
N.B. Affirmer « le Seigneur m’a dit » peut être vrai et légitime. Mais attention, derrière cette parole se cachent souvent les gurus ou tous ceux qui veulent usurper la place de Dieu et prendre de l’autorité sur leurs frères.

3. Parler de Dieu avec légèreté.

Il est difficile d’imaginer que l’on pouvait dire des jurons en Israël comme on le fait communément aujourd’hui dans nos pays christianisés. Cela paraissait inconcevable (et devrait l’être absolument pour tout chrétien digne de ce nom aujourd’hui encore) car Israël, peuple du Seigneur, devait au contraire exalter le Nom de son Dieu.
C’est avec force en tout cas que la Bible tout entière, et les Psaumes en particulier, rappellent la gloire de Dieu et célèbrent son Nom : Il est grand, saint et redoutable. (Lire des textes comme Esaïe 42.8 Psaume 96.8,9). Malheur à celui qui l’oublie !
Mais sans aller jusqu’à prononcer des jurons, il était possible de parler de Dieu (ou de parler à Dieu) avec légèreté et de prendre ainsi son nom en vain. Le Seigneur avait prévu qu’on puisse faire des voeux et s’engager ainsi en le prenant pour témoin. Cependant, Dieu n’obligeait pas à cela et il mettait plutôt en garde quiconque le ferait sans tenir parole. Mieux vaut ne rien promettre que de dire et de ne pas faire (Deutéronome 23.21-23).
Le conseil de l’Ecclésiaste (4.17 ; 5.1) trouve sans doute son origine dans cette légèreté constatée chez les gens. Ne reste-t-il pas à méditer lui aussi lorsqu’il dit : « Prends garde à ton pied, lorsque tu entres dans la maison de Dieu, et approche-toi pour écouter ... Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et que ton coeur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu ; car Dieu est au ciel, et toi sur la terre : que tes paroles soient donc peu nombreuses. »

L’attitude de Jésus

Il vaut la peine de s’arrêter sur la prière que Jésus inspire à ses disciples, et en particulier ce par quoi elle commence : « Notre Père qui es aux cieux. Que ton nom soit sanctifié ! » Voilà ce troisième commandement exprimé de façon positive. Cela veut donc dire aussi que « sanctifier » le nom de Dieu Notre Père, devient la préoccupation majeure du disciple de Jésus.
Il n’est donc plus seulement question de ne pas mal parler en utilisant le nom de Dieu mais de bien vivre, dans tous les aspects de notre existence (cp. le constat terrible que Paul fait lorsqu’il parle des conséquences de ceux qui se réclament de Dieu sans vivre en conformité avec le message dont ils se réclament (Romains 2.17-24).
Il est important aussi de remarquer que Jésus a demandé à ses disciples de ne pas prêter serment (Matthieu 5.33-37). Pourquoi ? Tout simplement parce que cela laisserait entendre qu’il y aurait dans la bouche de ses disciples des paroles fiables et d’autres qui le seraient moins. Ceci est inadmissible. Toute parole du chrétien doit être une parole absolument certaine, vraie, sans détour car toute sa vie est vécue devant Dieu. Toute parole qu’il prononce est donc nécessairement une parole devant Dieu (c’est pourquoi un mariage civil est aussi un mariage devant Dieu).
Devant le « simple » mensonge d’Ananias, Pierre déclare : « Ce n’est pas à des hommes mais à Dieu que tu as menti » (Actes 5.4). Il en est toujours ainsi, même si, dans sa grâce et sa patience, Dieu ne nous traite pas toujours comme il l’a fait pour Annanias !

« Dieu ne laissera pas impuni »

Comme dans toute l’Ecriture, il faut distinguer entre ce qui est péché d’un instant et ce qui est une habitude de péché dans laquelle on s’installe (cp. I Jean 1.8 et 3.9). La Bible dit qu’il y a toujours un pardon pour celui qui se repent (y compris dans l’Ancien Testament où un sacrifice était réclamé à quiconque se repentait d’avoir prêté serment en mentant (cf. Lévitique 5.21-16). Encore aujourd’hui, le désir de Dieu est de pardonner au coupable.
En nous donnant les dix commandements, Dieu nous révèle sa volonté immuable. Il ne souhaite toutefois pas nous condamner mais nous amener à susciter en nous le désir de lui être agréable et à nous réfugier à l’ombre de son amour et de son pardon parce que nous en aurons toujours besoin face à nos péchés et nos insuffisances.
Oui, le sang de Jésus nous purifie de tout péché. (I Jean 1.7)

A Réfléchir

Les Juifs avaient tellement peur de désobéir à ce troisième commandement qu’ils ont définitivement cessé de prononcer le nom de YAWHE, leur Dieu, de telle sorte qu’on en a même perdu la prononciation exacte. Ceci vous paraît-il la bonne manière d’obéir à ce commandement ?
Beaucoup de gens, parfois même des chrétiens authentiques, n’hésitent pas à ponctuer leurs paroles de « Mon Dieu ». Que leur diriez-vous ?
Cela vous fait-il souffrir lorsque vous entendez des jurons ? Ce serait plutôt bon signe pour vous.

LE QUATRIEME COMMANDEMENT

« Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier. Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Eternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Eternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Eternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. » (Exode 20. 8-11)
« Observe le jour du repos, pour le sanctifier, comme l’Eternel, ton Dieu, te l’a ordonné. Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Eternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l’étranger qui est dans tes portes, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi. Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Egypte, et que l’Eternel, ton Dieu, t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu : c’est pourquoi l’Eternel, ton Dieu, t’a ordonné d’observer le jour du repos. » (Deutéronome 5.12-15)

Le Sabbat

Ce commandement est celui du sabbat (le mot hébreu traduit par « repos » car c’est bien son sens dans la version Segond. Il semble que la date de son institution soit antérieure au décalogue. En tout cas, il tire son principe de l’exemple même de Dieu dans son oeuvre de création (Genèse 2.1-3). Dès l’origine, Dieu l’a « sanctifié », c’est-à-dire, « mis à part » pour toute l’humanité. En ce sens, il appartient à tous les hommes. Il a été observé avant le décalogue (cp. Exode 16.22-30). Celui-ci le confirme pour Israël.
Significations et buts
Nous avons besoin de travailler
N’oublions pas que le commentaire du commandement inclut en premier « tu travailleras six jours ». Cela sous entend que le travail fait partie normale et nécessaire de notre vie. Jamais notre Seigneur n’a encouragé la paresse ou l’oisiveté (II Thessaloniciens 2. 6-10). Le travail faisait partie du mandat confié à Adam avant son péché (Genèse 2.15). Ce qui a changé depuis la chute, c’est que le travail a désormais un caractère pénible qu’il n’avait pas au début (Genèse 3.17-19).
Notre corps a besoin de repos
Si Dieu (dont il nous est dit qu’« il ne sommeille ni ne dort » Psaume 121) montre l’exemple du repos après sa création, à combien plus forte raison l’homme en a-t-il besoin. Gare à ceux qui l’oublient ! Car tôt ou tard la « nature » reprend ses droits et nous rappelle (parfois cruellement) nos limites si nous les avons oubliées.
Dans sa sagesse et son amour pour son peuple, Dieu lui interdisait de faire aucun ouvrage important ce jour-là : le repas devait être préparé la veille (Exode 35.2,3), on ne devait pas commercer (Néhémie 10.30,31) ni transporter des choses lourdes (Jérémie 17.21-22) ... La peine de mort était applicable à celui qui allait à l’encontre consciemment de ce commandement divin (Nombres 15.32-36).
N.B. La Sécurité Sociale ferait bien des économies si chacun voulait observer cette Parole de Dieu.
Le travail n’est pas tout dans la vie
« Le travail fut sa vie » est parfois une épitaphe sur les tombes et il est vrai que beaucoup sacrifient leur famille, leur santé et leur équilibre au travail. Vue du côté de Dieu, cette citation n’est pas un compliment car le travail ne doit pas être un but ni prendre toute la place dans notre existence. Si nous ne pouvons pas nous arrêter de travailler, c’est que le travail est devenu une idole ; il a pris la place de Dieu.
Un jour pour Dieu.
Certes, le sabbat était un jour de repos pour le corps. Mais dans l’intention de Dieu, c’était aussi un jour qui lui était consacré (Exode 35.2), un moment de la semaine où l’homme pouvait prendre davantage le temps de s’approcher mieux de lui. Il y avait des sacrifices qui étaient propres à ce jour (Nombres 28.9,10, Lévitique 24.5-8) et le croyant était invité à faire du sabbat ses délices en glorifiant son Dieu (Esaïe 58.13,14). Notez que le Psaume 92, magnifique louange à Dieu, a été composé exprès pour le jour du sabbat (verset 1).
Aussi, celui qui ne profiterait de ce jour que pour dormir davantage, se divertir, se consacrer à sa famille ou pour se détendre ... (qui sont chacune des choses bonnes et nécessaires) manquerait une grande partie de l’intention de Dieu. Ce jour doit lui être consacré en priorité.
Un jour qui rappelle ce que Dieu a fait pour son peuple
C’est l’accent particulier que donne le Deutéronome à ce commandement. Pour Israël, ce jour va rappeler la délivrance et la liberté que Dieu lui a donnée le jour où il l’a fait sortir d’Egypte où il n’avait aucun repos puisqu’il y était esclave. Il est signe de liberté pour le peuple de Dieu. Même les étrangers et les esclaves doivent en profiter (Deutéronome 23.16 ; 10.19). Cela va même jusqu’aux animaux domestiques (Deutéronome 25.4). Ce sens est bien celui du culte chrétien que rappelle la Saine-Cène en particulier.

Jésus et le sabbat

Jésus s’est caractérisé par un grand respect de la loi de Dieu et de ses ordonnances. On connaît pourtant les controverses qu’il a eues avec les Pharisiens qui lui reprochaient de faire ses guérisons le jour du sabbat. C’est que les hommes n’ont pas à changer le sens de ce commandement en le légalisant et en le codifiant de façon excessive (ce qui est encore le cas aujourd’hui dans le judaïsme rabbinique). Jésus a dû s’élever contre ces abus en rappelant que Dieu a fait le sabbat pour (le bien de) l’homme et non le contraire (Marc 2.23-28).

Le sabbat aujourd’hui

L’attitude libre et respectueuse de Jésus par rapport au sabbat doit nous guider.
Si certains chrétiens du premier siècle (sans doute surtout ceux qui venaient du judaïsme) faisaient encore des différences entre les jours, les apôtres plaident plutôt pour le contraire tout en invitant à ne pas en faire un sujet de dispute (Romains 14.5 ; Colossiens 2.16,17). N’est-ce pas chacune de nos journées qui appartient à Dieu ? La vraie obéissance à ce commandement consiste à vivre dans l’obéissance et le repos de Dieu (qui est celui de la foi) chaque jour de notre semaine (Hébreux 4. 3,9,10).
Le sabbat est ainsi l’image du repos éternel qui ne sera plus contesté (Apocalypse 14.13).
D’autre part, on constate que les premiers chrétiens ont très tôt fait du lendemain du sabbat le jour du Seigneur. Il y ont célébré leur culte.(cp. Actes 20.7 ; I Corinthiens 16.2). Est-ce parce qu’il était le premier jour de la semaine et qu’il permettait de marquer la priorité de Dieu dans notre emploi du temps ? ou parce qu’il était le jour de la résurrection de Jésus ? Sans doute les deux à la fois !
Pour toutes ces raisons, il nous semble difficile d’entrer trop longtemps dans le débat avec nos amis, les « Adventistes du septième jour ». Par contre, nous devons savoir que nous avons besoin (et Dieu nous le demande) de mettre des moments à part afin de nous réunir avec nos frères et soeurs pour apporter à Dieu la louange qui lui revient et nous mettre à l’écoute de sa Parole. Si nous considérons l’exemple des premiers chrétiens et l’ensemble du témoignage de la Bible, un jour sur sept n’est certainement pas de trop. Il serait plutôt le minimum (sans toutefois tomber dans le piège du légalisme).

A MEDITER

La vie moderne ne facilite pas l’observance du commandement du repos. N’en avons-nous pas pour autant besoin ? Que vous inspire un texte comme le Psaume 127. 1,2 dans ce contexte ?
Etes-vous d’accord avec cette proposition : « C’est dans chacune de nos journées qu’il devrait y avoir un moment de sabbat pour Dieu. » Qu’en pensez-vous ?

LE CINQUIEME COMMANDEMENT

« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Eternel ton Dieu te donne » (Exode 20.12)
« Honore ton père et ta mère, comme l’Eternel, ton Dieu, te l’a ordonné, afin que tes jours se prolongent et que tu dois heureux dans le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne » (Deut. 5.16).
Après les quatre premières paroles du décalogue qui concernent nos relations avec Dieu, voici la première de celles qui révèlent sa volonté pour nos relations avec nos semblables. Il est important de remarquer que Dieu commence par notre famille, le premier noyau de toute vie sociale. Dieu n’est-il pas le créateur de la cellule familiale et, en particulier, du couple (Genèse 2.24) qui trouve une partie importante de sa vocation à transmettre la vie à des enfants (Genèse 1.28) ?
Remarquons au passage qu’en Lévitique 19.3, Dieu fait le lien entre l’observance du 4ème et du 5ème commandement. Pour lui, respecter le sabbat est tout aussi important que d’honorer son père et sa mère !(cf. la manière dont Jésus a uni les deux tables de la loi en Matthieu 22. 34-40) On pourra ajouter que ne pas respecter un commandement, c’est nécessairement se mettre en porte à faux par rapport aux autres. Pas étonnant dans ce cas que notre société, dont on a chassé Dieu, soit en difficulté avec elle-même et plus particulièrement avec la famille. On ne se prive pas de Dieu sans en supporter de dures conséquences !
En fait, le déchirement de la cellule familiale est l’un des faits marquants de notre époque. Le nombre de « familles monoparentales » ne cesse de s’accroître. Les enfants qui ont le privilège d’être élevés par leurs deux parents unis dans un même foyer va en diminuant d’année en année. Les grands-parents sont de plus en plus lointains (dans tous les sens du terme). C’est toute une génération de gens déracinés, en perte d’identité, qui grandit sous nos yeux. Les psychologues et les psychiatres ont décidément de bons jours devant eux car le travail de réparation, de restructuration des enfants, des jeunes et des adultes est immense lorsque les bases d’une vraie cellule familiale ont manqué au départ. Celles et ceux qui revendiquent le droit à leur liberté feraient bien de mesurer si celle-ci ne nuit pas à autrui, et en particulier, aux enfants.

Un commandement

« Honore »

Tout le monde n’a pas le privilège d’être né, désiré, attendu et choyé dans une famille aimante et équilibrée. Il y a des millions de gens dans ce monde qui ont gardé pendant pour toute leur vie des traumatismes importants liés à de gros problèmes dans la famille. Il n’est pas facile de guérir du manque d’affection ou des vexations que l’on a endurés dans sa petite enfance.
Pourtant, le commandement de Dieu demeure pour tous, sans condition, quelles que soient les difficultés que chacun de nous rencontre à honorer ceux qui nous ont donné la vie. On remarque que ceux qui ont été les plus choyés par leurs parents ont quand même des reproches à leur faire. Rares sont ceux qui sont spontanément heureux et reconnaissants de la façon dont ils ont été élevés !
N.B. Trop souvent, le lecteur moyen de la Bible oublie que Dieu ne fixe pas de clause suspensive à ses commandements. Ainsi, il est prêt à obéir si « l’autre » est prêt à faire de même. Dieu ne s’exprime pas comme cela : son commandement ne souffre pas ni d’exception ni d’attente.

« Ton père et ta mère »

Les deux parents sont ici mis sur le même plan. Tous deux ont droit au même respect, au même « honneur » (cp. Proverbes 1.8,9). Pas de différence !
Il va de soi qu’il revient d’abord aux parents de se faire respecter eux-mêmes de leurs enfants (cf. Ephésiens 6.4) - ce qui est loin d’être toujours le cas même lorsqu’il s’agit de tout petits enfants - et de faire en sorte que leur conjoint le soit aussi. La solidarité parentale est indispensable.

Une promesse : « afin que tu sois heureux ... »

L’apôtre Paul fait remarquer en Ephésiens 6.1-3 que c’est le premier commandement accompagné d’une promesse : « afin que tu sois heureux et que tes jours se prolongent sur la terre » (la citation s’inspire davantage de la version du Deutéronome). Oui, en nous révélant sa volonté à notre égard, c’est notre bien, notre bonheur même, que Dieu poursuit.
Il y a un bienfait psychologique indéniable à accepter ses parents tels qu’ils sont et à les honorer comme le Seigneur nous le demande, malgré leurs défauts. On se sent beaucoup plus équilibré et bien dans sa peau soi-même. Il semble que ce soit comme un principe inscrit dans nos gènes. Comment se sentir bien quand on se coupe du tronc qui vous a portés ? Comment savoir qui on est quand on ne veut pas savoir d’où l’on vient ? Dieu sait ce qu’il nous demande.

Une grâce à recevoir et à vivre

Comme tous les commandements du Seigneur, celui-ci est bon, agréable et parfait (Romains 12.1,2). Mais il est aussi au dessus de nos forces (Romains 7.14-25).
On comprend aisément qu’il apparaît impossible à certains enfants d’honorer leurs parents quand on voit les sévices qu’ils leur ont fait endurer ! Mais l’on constate aussi vite les ravages que cela entraîne dans leur propre vie personnelle (et, à leur insu, dans celle de leurs enfants). Pour beaucoup d’entre nous, il y a, de façon plus ou moins avouée, une rancoeur à l’égard de ceux qui nous ont élevés : nous aurions aimé qu’ils s’y prennent autrement, nous pensons qu’ils ne nous ont pas bien compris, ils ne nous ont pas fait confiance, ils ont marqué leur préférence pour un autre de leurs enfants etc., ... Il arrive également que certains aient honte de leurs parents !
Le même principe demeure toujours : Dieu donne ce qu’il ordonne, à condition que nous souhaitions de tout notre coeur respecter sa volonté. Si nous faisons appel à lui, et surtout si son commandement nous paraît impossible à vivre, alors, il agira, miraculeusement, par pure grâce. (Cp. Philippiens 2.13,14 et la juxtaposition de deux vérités presque contradictoires).
Pourquoi se le cacher ? Cela passe parfois forcément par un pardon à accorder et à recevoir.

Sens et limites du commandement

S’il y a des enfants qui ne respectent pas leurs parents, il y en a d’autres qui les idolâtrent. Parce que le cordon ombilical n’a pas encore été coupé ou pour d’autres raisons, il arrive que des parents prennent une place démesurée dans la vie de leur enfant (même lorsque celui-ci est devenu adulte). D’autre part, il est vrai que des parents arrivent à idolâtrer leur(s) enfant(s). Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas respecter le commandement de Dieu. C’est de plus un bien mauvais service rendu aux parents et aux enfants. Seul, Dieu ne déçoit pas. Seul, il est éternel. Seul, il a droit au meilleur de nous-mêmes. Ni nos parents ni nos enfants ne doivent pas prendre la place de Dieu (c’est aussi le sens de Marc 10.28-31).
Remarquons aussi que Jésus s’est élevé contre ceux qui prenaient prétexte de Dieu et de la religion pour ne pas honorer leurs parents (Matthieu 15.3-9). Ici encore, c’est une insulte à Dieu. Ce que Paul en dit va dans le même sens (I Timothée 5.4, 8). C’est que, d’une certaine manière, nos parents sont une image (et même davantage) de notre Père Céleste (Genèse 4.1 ; 5.1-3).
Toutefois, il y a parfois des décisions très douloureuses à prendre. Honorer ses parents ne consiste pas toujours à faire exactement ce qu’ils demandent. Il arrive que nous les honorons davantage en cherchant à obéir à Dieu plutôt qu’à eux-mêmes s’ils veulent nous interdire de faire sa volonté (ex. lorsqu’un enfant se convertit au sein d’une famille non chrétienne, ou lorsque Dieu appelle l’un de ses enfants à être missionnaire ... autant de situations où des parents peuvent ne pas être d’accord !). L’attitude de Jésus à douze ans (en Luc 2.41-52) mérite d’être méditée à cet égard. Cf. Ezéchiel 18.14-18.
Le commandement ne perd pas sa raison lorsque l’enfant a atteint l’âge de la maturité, lorsqu’il s’est marié ou qu’il a quitté ses parents (Genèse 2.24) ou même lorsque ses parents sont décédés. Les façons d’honorer ses parents changent avec les phases de la vie mais l’ordre demeure.

A méditer

Si nous n’avons pas tous eu le père que nous aurions aimé avoir, notre Dieu veut être notre Père et nous apprendre ainsi le sens du mot « Père », si difficile parfois à pouvoir vivre.

LE SIXIEME COMMANDEMENT

« Tu ne commettras pas de meurtre »
La Bible nous apprend que Dieu est l’auteur de la vie. Au sein de sa création, l’homme occupe une place de choix puisqu’il est le seul être à avoir été créé à l’image de Dieu (Genèse 1.26,27). A cause de ce statut particulier de l’être humain, il ne sera pas possible de « toucher » à un homme sans en même temps « toucher » à Dieu lui-même (Genèse 9.5,6). Dieu demandera des comptes de la mort de tout homme.
Car si l’homme a le pouvoir (c’est même une partie de sa mission) de procréer et de remplir ainsi la terre (Genèse 1.27,28), il ne faut pas qu’il oublie qu’il agit par mandat. Dieu n’est jamais absent lorsque l’homme transmet la vie (Genèse 4.1). La vie est toujours une grâce (Psaume 127.3).

Le premier meurtre de l’histoire

N’en déplaise aux idées reçues, le premier meurtre n’est pas celui d’Abel par Caïn (Genèse 4) mais celui d’Adam par lui-même. Dieu ne l’avait-il pas prévenu : « Le jour où tu en mangeras, tu mourras » ? (Genèse 2.17). Ainsi, le premier acte de désobéissance de l’homme a entraîné sa mort spirituelle immédiate (l’homme n’a plus de relation vivante avec Dieu et il est naturellement promis à la condamnation éternelle à cause de son péché) et sa mort physique à petit feu. Il a transmis ces deux espèces de « mort » à ses descendants, avec tout ce que cela entraîne de désordres et de souffrances (voir Romains 3.23 ; 6.23 Ephésiens 2.1-8).
Le meurtre de Caïn s’inscrit dans le prolongement de l’acte de désobéissance de ses parents. Il n’en est pas moins sévèrement condamné. Tout en respectant sa liberté, Dieu a voulu l’en dissuadé en lui montrant qu’il surveillait de très près son attitude (Genèse 4.6,7). Une fois que Caïn a tué son frère, Dieu revient vers lui pour lui dire sa responsabilité et les conséquences de son acte (Genèse 4.9-12). Cependant, Dieu veille lui-même sur la vie du meurtrier ! (Genèse 4.15).
Décidément, la vie d’un homme vaut beaucoup aux yeux de Dieu. Le meurtre ne sera jamais un acte banal !

Meurtre et guerre dans l’Ancien Testament

Dès le chapitre suivant, Dieu indique comment le meurtre doit être puni. S’il a été commis avec préméditation, il mérite la mort (Exode 21.12).
N.B. Il ne faut pas oublier que la loi du talion (Lévitique 24.17-22) aujourd’hui facilement décriée, était en fait une mesure de protection du coupable. Sans elle, il arrivait souvent que l’esprit de vengeance qui animait le clan représentant la victime pouvait dégénérer et engendrer des réponses encore plus violentes (« la monnaie de la pièce » comme l’on dit encore aujourd’hui). Dieu a souhaité préserver son peuple de l’esprit de vengeance en demandant aux juges une juste rétribution par rapport à l’acte commis : oeil pour oeil, dent pour dent, vie pour vie ... Remarquons au passage que ce n’était pas à la victime de punir son agresseur, mais aux représentants de la justice.
Il s’ensuit que punir de mort un meurtrier n’était pas une effraction par rapport au commandement divin. Nos versions modernes font bien de traduire « Tu ne commettras pas de meurtre » au lieu de « tu ne tueras point ».
Il apparaît également que Dieu fait une distinction entre le meurtre et les morts causées dans le cadre de la guerre. Si la guerre est nécessairement une conséquence du péché humain, il semble que certaines guerres soient nécessaires. A l’époque de l’Ancien Testament, Dieu s’engage du côté de son peuple et intervient personnellement pour sa victoire sur ses ennemis (cp. Exode 17.8-16 ; II Chroniques 20. 20-24 ; Psaume 118.10 ... ). Elle est d’ailleurs parfois considérée comme un jugement de Dieu sur des comportements coupables (Genèse 15.16).
A propos de David, qui est le roi d’Israël qui a sans doute mené le plus de guerres au nom de l’Eternel, on peut ajouter ceci :
1. C’est pour le meurtre d’Urie qu’il a été jugé coupable et non pour les nombreuses morts que ses guerres ont engendrées (I Rois 15.5)
2. Il ne lui fut pas permis de construire le temple de l’Eternel parce qu’il avait été un homme de guerre avec beaucoup de sang sur les mains (I Chroniques 22.8-10).
La situation est bien entendu différente aujourd’hui où le peuple du Seigneur n’est plus une nation avec un territoire à défendre mais des hommes et des femmes qui suivent l’exemple de Celui qui a donné volontairement sa vie. Il reste cependant qu’il existe peut-être des guerres « justes » en particulier lorsqu’il s’agit de défendre un territoire contre une invasion et les drames qu’elle entraîne. Les chrétiens n’ont pas toujours été d’accord sur ce point. Il faut dire que le Nouveau Testament n’aborde pas de front le problème.

L’attitude de Jésus

Comme toujours, Jésus va au coeur du commandement pour en révéler l’esprit et les exigences profondes. Il vaut la peine de méditer ses paroles : « Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, celui qui commet un meurtre sera passible du jugement. Mais moi, je vous dis : « Quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement. Celui qui dira à son frère : Raca ! sera justiciable du sanhédrin. Celui qui lui dira : Insensé ! sera passible de la géhenne du feu ... » (Matthieu 5.21-22)
Si nous nous sentions sans reproches en face du sixième commandement, il apparaît désormais difficile de tenir la tête haute quand nous écoutons Jésus le commenter.
Décidément ! nous avons bien besoin et de la grâce de Dieu pour notre pardon et de son Esprit-Saint pour nous aider à vivre saintement.
Jean, dans sa première épître, (3.11-18) nous indique que le remède contre le meurtre, c’est l’amour qui ne se contente pas de belles paroles mais qui se prolonge dans des actes concrets.

Le chrétien dans la société d’aujourd’hui.

Avortement, euthanasie, suicide, meurtre des malades mentaux ou des vieillards séniles ... sont des réalités quasi quotidiennes, soit dans notre pays, soit dans d’autres qui nous sont proches.
Le lecteur attentif de la Bible réagira toujours avec amour mais aussi avec lucidité devant des actes qui témoignent souvent du désespoir (et parfois de l’égoïsme aussi, il faut bien le dire) mais n’en sont pas moins une atteinte à la vie que Dieu nous a donnée et que l’homme se doit de protéger et d’accompagner, quel que soit le stade de son développement.
Le chrétien ne peut pas - il n’en a pas le droit - légiférer pour imposer aux autres en leur imposant ce qu’il a compris de la révélation de son Dieu. Il doit cependant faire entendre sa voix pour témoigner de la volonté de Dieu pour tout homme.
Avant tout, c’est par son exemple qu’il témoignera, en étant une lumière dans un monde de ténèbres (Philippiens 2.14,15), en apportant également la chaleur de son amour à celui qui est tenté par un acte de désespoir.
Il témoignera en particulier que la qualité de la vie (comme l’on aime dire aujourd’hui pour justifier des actes coupables) ne dépend pas ni de notre santé ni des conditions matérielles d’existence. Notre vie a de la valeur à partir du moment où elle nous a été donnée par Dieu.

A méditer

Ne connaissons-nous pas des exemples de personnes handicapées, malades ou vivant dans la misère et témoignant d’un bonheur réel, bien plus grand que celui de personnes riches et en bonne santé ?
Et que dire de ces enfants aujourd’hui heureux de vivre alors que les médecins préconisaient l’avortement à leur maman ?

LE SEPTIEME COMMANDEMENT

« Tu ne commettras pas d’adultère» (Exode 20.14)
Dans un certain sens, nous n’avons pas besoin de comprendre les raisons pour lesquelles Dieu nous commande ou nous interdit telle ou telle chose. Trop souvent, nos demandes d’explication cachent en vérité notre refus d’obéir de tout notre coeur à Dieu. Pourtant, ne suffit-il pas que Dieu exprime sa volonté pour que nous obéissions ?
Cependant, Dieu nous donne des clartés dans sa Parole. Celle-ci nous permet de comprendre le bien fondé de ce qu’il exige de ses enfants. Alors, écoutons-le et obéissons !

Dieu veut notre bien

Certains ont pensé que Dieu prenait plaisir à nous interdire le bonheur. Il n’y a rien de plus faux. En fait, la Bible dit clairement que Dieu est l’auteur de notre sexualité. Elle fait partie des choses « très bonnes » dont notre Créateur s’est félicité après son oeuvre de création (Genèse 1.28-31). Nous n’avons d’ailleurs pas à douter que c’est par amour pour nous qu’il nous l’a donnée. Admettons seulement qu’il sait mieux que nous la manière et les moyens par lesquels nous serons vraiment comblés, sans nous faire du tort (à nous-mêmes ou à notre prochain) ou à devoir subir les conséquences désastreuses de nos actes.
Le mariage monogame, avec engagement de fidélité à son conjoint, est la volonté générale de Dieu pour l’être humain (Genèse 2.24). Nous comprenons que c’est le cadre qui permettra le mieux l’épanouissement personnel des deux époux mais aussi celui des enfants qui seront élevés dans un milieu stable, propre à développer et affermir leur personnalité.
N.B. Si le mariage est la « règle » générale et si nous pressentons qu’il permet le mieux de satisfaire notre besoin légitime de rompre la solitude et d’assouvir les pulsions normales qui nous habitent, il n’est cependant pas une fin en soi. Le célibat ne doit être ni porté à l’index ni mis sur un piédestal. Le chrétien soucieux de plaire à son Dieu cherchera sa volonté pour sa vie personnelle. Le plan de Dieu pour l’un n’est pas celui qu’il a pour les autres. (Cp. I Corinthiens 7.7 Matthieu 19.12). « Que chacun marche (en ce domaine comme dans tous les autres) selon l’appel qu’il a reçu » !

L’adultère est un péché

L’adultère se définit comme la relation sexuelle entre un homme marié et une femme qui n’est pas la sienne ou entre une femme mariée et un homme qui n’est pas son mari. Dans un cas comme dans l’autre, il y a remise en cause de la parole donnée et il y a vol de son prochain.
En cela même, l’adultère est un mal occasionné à son prochain. Mais il est aussi un outrage à notre Créateur car, en commettant un adultère, nous ne remplissons pas le mandat qu’Il nous a confié et nous n’exprimons plus la beauté de sa créature faite à son image. Comme Dieu doit être déçu lorsqu’il voit comment ses créatures se comportent en méprisant leur propre nature.
C’est sans doute pour cela que, dans la Bible, le mot adultère en est venu à signifier également l’adoration de faux dieux ou la désobéissance au Seigneur (Jérémie 3.8,9 Ezéchiel 23.37,43 Osée 2.2-13). Dieu exige que notre amour pour lui soit total, comme un époux le demande de la femme qui lui a juré fidélité.
L’adultère n’est pas une faute mineure aux yeux de Dieu. Dans une société qui tend à généraliser et à banaliser le mal, quel qu’il soit, il est utile de se rappeler que la loi de Dieu transmise par Moïse à Israël prévoyait la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d’adultère (Lévitique 20.10).

L’adultère est un péché parmi d’autres

Plusieurs positions extrêmes ont pu être observées au cours des siècles. Si nous vivons aujourd’hui un relâchement des moeurs en matière de conduite sexuelle, il est vrai que nous sortons d’une période véritablement obsédée par les « péchés de la chair » comme l’on disait alors. On montrait facilement du doigt ceux qui avaient fauté et il ne semblait pas y avoir de péché plus important que celui-là.
Comme d’autres déviations à caractère sexuel que la Bible dénonce (par exemple l’homosexualité, l’inceste, la bestialité, la débauche, etc. ... cp. Lévitique 20. 10-17) l’adultère est un péché mais il est loin d’être la seule manière d’offenser Dieu. Jamais la Bible ne nous permet de dire que l’avarice, l’idolâtrie, les excès de table, les jalousies, les divisions et d’autres péchés ... moins visibles que l’adultère, ne sont pas moins coupables pour autant que lui (Galates 5.19-21).

Il n’y a pas de péché impardonnable

Dieu a consacré deux pages importantes de sa Parole pour nous rapporter deux cas d’adultère. Combien il est essentiel de voir comment il voit et traite les choses !
1. David et Bath-Chéba, femme d’Urie (II Samuel 11.1-4)
Il est important de constater que le statut de roi de David ne le dispense pas d’obéir à ce commandement. David a eu de nombreuses femmes et concubines. Bien que cette situation l’a certainement écarté du plan de Dieu, ceci ne lui a pas été reproché comme l’a été son adultère.
Remarquons ensuite que l’adultère l’a conduit au meurtre (II Samuel 11.5-27).
Observons également que David ne s’est pas senti spontanément coupable. Il a fallu l’intervention énergique du prophète Nathan envoyé par Dieu pour qu’il comprenne l’énormité de sa faute (II Samuel 12.1-7).
N.B. Nos sentiments de culpabilité ne reflètent pas toujours notre culpabilité réelle devant Dieu. Certains d’entre nous ont tendance à la nier, d’autres à l’exagérer ou à la déformer. Seule une lecture attentive et respectueuse de la Parole de Dieu peut nous permettre de voir clair.
Lorsqu’il a pris conscience de son péché, David a pu demander et recevoir le pardon de Dieu (Psaume 51). Celui-ci a été total et pleinement libérateur. Il fut même source de joie profonde et découverte de la grâce de Dieu (cp. Psaume 32). Cependant, les conséquences de cet adultère furent désastreuses dans la vie de David (II Samuel 12. 8-25).
La femme adultère (Jean 8.1-11)
Remarquons - c’est important - que Jésus n’a, à aucun moment, atténué ou minimiser la faute de cette femme. Cependant, Jésus nous apprend au travers de cet épisode que :
- il déteste l’hypocrisie des hommes qui veulent lapider cette femme alors qu’ils ont « oublié » :
1.l’homme avec qui elle avait commis cet acte (et qui était censé recevoir le même châtiment qu’elle (Lévitique 20.10)
2. qu’ils étaient eux aussi des pécheurs coupables du même châtiment qu’elle
- l’adultère est un péché (« ne pèche plus »)
- l’adultère est un péché que Jésus veut lui pardonner (« je ne te condamne pas moi non plus »)
- l’adultère est un péché dont Jésus veut débarrasser cette femme (« va et ne pèche plus »)

Nous sommes tous des pécheurs que Dieu veut pardonner.

«Quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis adultère avec elle dans son coeur. » (Jésus en Matthieu 5.28)
Si nous n’avions pas encore compris que nous étions tous adultères par nature, les paroles de Jésus en Matthieu sont sans équivoque. Il n’y aura pas de propre juste dans le Royaume des cieux, mais seulement des pécheurs sauvés, pardonnés alors qu’ils ne le méritaient pas.
« Là où le péché a abondé, la grâce de Dieu a surabondé » (Romains 5.20). Ce n’est certainement pas un encouragement à pécher mais une invitation à goûter toujours et toujours la bonté de notre Dieu qui pardonne le coupable.

LE HUITIEME COMMANDEMENT

« Tu ne commettras pas de vol» (Exode 20.15)
A part quelques exceptions (elles existent) le vol est universellement considéré comme quelque chose de mal. Par définition, celui qui vole son prochain prend quelque chose qui ne lui appartient pas et il dépossède celui-ci de son bien. Cela va à l’encontre de la morale commune et chacun sent bien au fond de lui-même que cela n’est pas bien.
Cependant, il y a bien des manières par lesquelles, aujourd’hui comme hier, des gens tentent de justifier ce qui restera toujours du vol : « celui que j’ai volé est lui-même un voleur ; ce n’est que justice - il est très riche et de toute manière, il en aura toujours assez pour vivre - je n’ai fait de mal à personne puisque c’est à la société que j’ai pris - de toute manière, l’état est le premier des voleurs - j’en ferai meilleur usage que lui - c’est pour la bonne cause etc. » Certainement que chacun pourra ajouter d’autres réflexions entendues ici ou là. Il va de soi que le huitième commandement, exprimé avec tant de simplicité et de solennité par Dieu ne supporte pas de telles échappatoires.

Le droit de propriété est reconnu par Dieu.

Pour pouvoir voler quelqu’un, il faut qu’il possède quelque chose en propre. A cet égard, il serait faux de prétendre que la Bible demande à tous les hommes de tout mettre en commun de telle manière que personne n’ait rien de plus qu’un autre. Nous voyons au contraire que Dieu se plaît à douer certains hommes de talents, de savoir faire, d’intelligence, de capacités artistiques ... qui leur permettront d’acquérir des biens qu’ils posséderont pour leur usage et celui de leur famille.
Et de fait, nous voyons qu’un certain nombre de personnes de la Bible ont été riches (par exemple Abraham en Genèse 13.2, Salomon en I Rois 10.23). Il ne leur en est pas fait reproche bien que l’on sait que la richesse peut être un piège dans lequel il n’est pas toujours facile de ne pas tomber (Proverbes 30.8). La Bible va jusqu’à dire « C’est la bénédiction de l’Eternel qui enrichit et il ne la fait suivre d’aucun chagrin ». (Proverbes 10.22)
Cependant, nous voyons bien que les hommes sont vite jaloux de ce que les autres possèdent. C’est là une conséquence du péché dans le coeur de l’homme. Le chrétien devrait être dégagé de cet esclavage (Philippiens 4.12). Et pourtant, qu’il est difficile de se réjouir du bonheur d’autrui !

Qui est-ce qu’on peut voler. Comment ?

1. son prochain

1. Lorsqu’on prend son bien en lui faisant violence, à son insu ou contre son gré. Ce n’est pas parce que Rachel n’a pas été dénoncée pour son vol qu’elle n’en a pas été pour autant voleuse aux yeux de Dieu (Genèse 31.19). Quand au roi Achab, il sera traité par Elie « d’assassin et de voleur » dans le fameux épisode de la vigne de Naboth (I Rois 21.19). Est-il besoin de rappeler que Dieu a en horreur les balances truquées ? (Michée 6.9-11) La « délinquance en col blanc » n’est pas moins coupable aux yeux de Dieu. Que ceux qui ont le pouvoir n’en profitent pas pour détourner vers eux ce qui ne leur revient pas ! (cp. le message des anciens prophètes d’Israël (Michée 2.1-3 Habacuc 2.9 Esaïe 5.8 Amos 5.11-14).
2. Lorsqu’on ne lui donne pas le salaire que mérite son travail ou qu’on lui donne trop tard L’exploitation de l’homme par l’homme a existé de tout temps. L’apôtre Jacques n’a pas de mots assez durs pour stigmatisé ceux qui agissent ainsi. Leur « récompense » ne tardera pas (Jacques 5.1-6).
3. Lorsqu’on lui refuse le minimum vital auquel tout être humain a droit En Israël, tout homme possédant un champ était tenu de laisser volontairement quelques gerbes à glaner au moment de la moisson. Idem pour la vigne (Lévitique 19.9,10 Deutéronome 24.19-22). Ainsi, ceux qui étaient très pauvres ne sombraient pas dans la misère. Grâce à leur travail, ils avaient au moins de quoi survivre sans avoir à mendier (ce fut l’expérience de Ruth).
N.B. Remarquons que Jésus s’est fait un devoir de payer ses impôts (alors qu’on peut imaginer toutes les bonnes raisons qu’il aurait pu mettre en avant pour ne pas « pactiser » de cette manière avec l’occupant). Il en a même fait un principe universel (Matthieu 22.21 : cf. également I Pierre 2.17).

2. Dieu

L’expression « voler Dieu » peut paraître audacieuse. C’est pourtant Dieu lui-même qui nous y amène par le prophète Malachie (3.5-15).
Abraham et Jacob avaient bien compris qu’ils ne pouvaient pas honorer Dieu en gardant pour eux la totalité de leurs biens (Genèse 14. 20 ; 28.20-22). Depuis lors, Dieu avait explicitement demandé à son peuple dans Sa Parole de lui donner la dîme de tous ses revenus (Deutéronome 18.1-8 ; 26.9-13). Ce don devait être destiné aux lévites qui étaient au service de Dieu et aux pauvres.
Dès lors, Dieu n’hésite pas à considérer comme du vol ou de la tromperie lorsqu’on lui refuse ce qu’il a demandé et auquel il a droit, lui à qui nous devons tout ! Les chrétiens d’aujourd’hui feraient bien de méditer ce sujet.

Ce que Dieu avait prévu en cas de vol.

1. En Israël, à l’époque de l’Ancien Testament

Si l’adultère devait être puni de mort en Israël, le voleur devait « se contenter de restituer » 4 ou 5 fois le montant de son larcin s’il ne l’avait plus en sa possession (Exode 21.37 N.B. c’est ce qu’a bien compris Zachée lorsqu’il a voulu mettre sa vie en règle devant Jésus : il a décidé de rendre en le multipliant par 4 tout ce qu’il avait volé dans sa vie (Luc 19.1-10)) et deux fois, pour le préjudice occasionné si le « butin » était encore entre ses mains (Exode 22.3). S’il n’avait pas de quoi payer, il devait être vendu lui-même pour son vol, c’est-à-dire qu’il devenait esclave jusqu’à ce qu’il ait gagné la somme à restituer.

2. Dans l’Eglise de Jésus-Christ

L’Eglise n’est pas constituée de « petits saints » qui n’auraient aucun reproche à se faire. Bien au contraire, l’apôtre Paul n’hésite pas, dans sa première lettre aux Corinthiens, à décrire ce qu’ils étaient autrefois avant de devenir chrétiens (débauchés, idolâtres, adultères, dépravés, homosexuels, voleurs, cupides, ivrognes ...). Cependant, il ajoute aussitôt : « Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu. » (I Corinthiens 6.9-11).
Ce n’est donc pas sans raison qu’il donne par ailleurs cet ordre : « Que celui qui dérobait ne dérobe plus mais plutôt qu’il travaille en faisant de ses mains ce qui est bien pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin » (Ephésiens 4.28)
Pour Dieu, s’abstenir de voler est indispensable mais ce n’est pas suffisant. Avoir le désir de partager et de donner ce qu’on a gagné soi-même est une ambition que tout chrétien, disciple de Jésus, devrait nourrir.
On pourra penser que Jacques avait cela aussi en tête lorsqu’il a écrit « Si quelqu’un sait faire le bien et ne le fait pas, il commet un péché. » (Jacques 5.17)

Pour réfléchir

A la lumière de tout ce qui précède, que vous inspire la réflexion souvent entendue ? « Je n’ai ni tué ni volé » ? Vous pouvez également vous inspirer de Luc 18. 18-23.

LE NEUVIEME COMMANDEMENT

« Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain» (Exode 20.16)

Sept choses que le Seigneur déteste (Proverbes 6.16-19)

La loi de Dieu est l’expression de son caractère. Comme il est précieux d’en prendre connaissance pour savoir qui est notre Dieu et pouvoir ainsi chercher à lui être agréable !
« Il y a six choses pour lesquelles l’Eternel a de la haine, et même sept qu’il a en horreur : les yeux hautains, la langue trompeuse, les mains qui répandent le sang innocent, le coeur qui médite des projets injustes, les pieds qui se hâtent de courir au mal, le faux témoin qui profère des mensonges et celui qui déchaîne des querelles entre frères. »
Notons que tous les commandements sont imbriqués les uns dans les autres. Est-il possible de désobéir à un seul sans transgresser les autres ? Pour Dieu, le vol, le meurtre, le faux témoignage ... et bien d’autres choses comme l’orgueil sont mis « dans le même sac ». Notons également que Jésus a résumé tous les six derniers des dix commandements par un seul : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22.30).

Le faux témoignage en Israël

Le rôle du témoin était capital en Israël car de lui pouvait dépendre la vie d’un homme ! Il en est encore ainsi de nos jours.
Dans sa loi, Dieu exigeait la déposition de plusieurs témoins (deux au minimum, trois étaient mieux) pour attester la véracité d’un fait (Deutéronome 19.15). Ceci était « encore plus nécessaire » pour tout ce qui pouvait entraîner la peine de mort (Nombres 35.30 ; Deutéronome 17.6).
La loi de Dieu transmise par Moïse excluait la torture pour provoquer des aveux. Par contre, si un témoignage s’avérait inexact, le faux témoin devait subir la peine qu’il voulait infliger à l’homme injustement accusé (Deutéronome 19.16-19). Le faux témoin risquait la peine capitale.
Malheureusement, toutes ces excellentes précautions n’ont pas toujours empêché des dérapages et des actes odieux. Certains n’ont pas hésité à soudoyer des gens pour qu’ils apportent un faux témoignage (I Rois 21.10,13). N’oublions pas que notre Seigneur a été condamné sur la déposition de faux témoins (Matthieu 26.59-62).

Le faux témoignage aujourd’hui

Il n’y a pas qu’en justice que notre parole est importante. Nous avons certainement dans nos mémoires le souvenir d’hommes ou de femmes injustement accusés par la rumeur. Un article de presse, une déclaration rapide d’un rival qui jette la suspicion, une simple insinuation, des journalistes peu scrupuleux, un juge qui viole le secret de l’instruction ... tout cela peut engendrer des catastrophes dans la vie des gens. Après avoir perdu leur honorabilité et parfois même leur métier à la suite d’une rumeur, nous en connaissons certains qui ont choisi de se donner la mort.
Sans aller jusque là, que de rancoeurs, d’ulcères à l’estomac, de dépressions nerveuses ou de nuits d’insomnies ... en conséquence de propos malveillants et pas toujours honnêtes !
Jacques a bien raison lorsqu’il écrit : « Voici, comme un feu peut embraser une grande forêt ! la langue est aussi un feu ... elle est un mal qu’on ne peut réprimer ... » (Jacques 3.5-8)
Combien il est important que le disciple de Jésus surveille sa langue et renonce définitivement à toute forme de mensonge ! (Ephésiens 4.25). N’oublions pas qu’on peut mentir par falsification de la vérité mais aussi par omission, en exagérant ou en laissant entendre des choses qui ne sont pas ...

Le secret du bonheur

« Si ... quelqu’un veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il préserve sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses ; qu’il s’éloigne du mal et fasse le bien, qu’il recherche la paix et la poursuive car le Seigneur a les yeux sur les justes et les oreilles ouvertes à leur prière, mais la face du Seigneur se tourne contre ceux qui font le mal. » (I Pierre 3.10-12)
En fait, s’il veut ressembler à son Seigneur et lui être agréable, le chrétien ne doit pas seulement chercher à ne pas mentir mais aussi à se préserver des propos inutiles ou de ceux qui vont faire du mal, même s’ils sont dits au nom d’une certaine vérité. Pour Dieu, il n’y a de vérité que lorsqu’elle est dite dans l’amour.
Parce que l’Esprit du Dieu d’amour habite le chrétien, il ne peut plus prendre plaisir à certaines conversations (Ephésiens 4.29). Au contraire, il veille à toujours accompagner sa parole de grâce et à l’assaisonner de sel, selon l’expression de l’apôtre en Colossiens 4.6 (cf. Proverbes 10.20-22).
C’est avec peine et seulement par nécessité qu’il devra témoigner de ce qui n’est pas à l’avantage de son prochain et non avec joie, par goût du sordide ou désir de vengeance !(Matthieu 7.12).
Notons que le refus de la médisance est l’un des critères à mettre en oeuvre pour discerner une femme capable d’exercer un ministère chrétien, à moins que ce ne soit pour permettre à son mari d’exercer lui-même son ministère (I Timothée 3.11).

Les témoins dans l’Eglise

Parce que ses disciples restent des hommes toujours enclins à l’incompréhension, à la jalousie et au péché, Jésus a fixé des règles pour solutionner d’éventuels conflits à l’intérieur de son Eglise.
Plutôt que de faire courir des bruits, Jésus nous a demandé d’aménager un tête à tête avec l’intéressé pour chercher à résoudre le problème (Matthieu 18.15). Si cela n’aboutit pas, il sera fait appel à deux ou trois témoins. Si cette dernière démarche ne devait pas donner de résultat, il faudrait seulement alors en tirer les conclusions et informer l’Eglise (Matthieu 18.16-17).
Lorsqu’un bruit désagréable court à l’encontre de quelqu’un, il faut donc s’empresser de se taire. Si on pense qu’il est nécessaire d’avoir un avis sur la question (ce qui n’est pas toujours indispensable) il faut tout d’abord chercher à l’entendre lui-même. Paul recommandait de ne pas accepter d’accusation contre un responsable d’église s’il n’y avait pas eu déposition de deux ou trois témoins (I Timothée 5.19).

Face à la médisance

Que n’a-t-on pas dit au sujet de Jésus ? Il est fou (Marc 3.21) il est possédé (Marc 3.22). Au moment de sa passion, on a même volontairement cherché à transformer ses propos pour le condamner (Matthieu 26.59-62).
Jésus avait prévenu ses disciples : ils auraient à faire face aux mêmes réalités s’ils voulaient lui être fidèles. Il leur a même dit : « Heureux serez-vous lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. » (Matthieu 5.11,12)
Pierre ajoute que le bien fait par le chrétien se sera pas toujours récompensé sur cette terre. Mais ce n’est pas cela qui importe car on ne sait jamais ce qui peut se passer dans la conscience de celui qui vous veut du mal quand vous lui rendez le bien pour le mal (pensons à Saul, le persécuteur devenu l’apôtre). D’autre part, ne vaut-il pas mieux « souffrir si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu’en faisant le mal. » ?(cp. I Pierre 3.9-17)
N.B. En méditant sur ce neuvième commandement, nous ne pouvons pas ne pas se souvenir que les dernières paroles terrestres de Jésus ont été un appel au témoignage (Actes 1.8 cp. 4.20) Souvenons-nous que c’est parce que les premiers chrétiens lui ont obéi que nous sommes là.
N’est-il pas significatif que ‘témoin’ et ‘martyr’ sont issus d’un seul et même mot ?

LE DIXIEME COMMANDEMENT

« Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, si son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.» (Exode 20.17)

Désir et convoitise

La convoitise est autre chose que le simple désir.
En effet, Dieu ne veut pas nous priver du désir et du plaisir d’obtenir quand :
- ce sont de bonnes choses, légitimes, que nous souhaitons posséder ou vivre
- nous employons de bons moyens pour y parvenir
- cette envie n’est pas une obsession (c’est-à-dire une idole prenant la place de Dieu)
- nos motivations sont pures
En fait, Dieu a placé les hommes dans un beau jardin - notre monde avec ses paysages magnifiques, ses richesses, ses couleurs, ses parfums, ses musiques, ses aliments variés, la beauté de l’âme et de l’intelligence humaines, de l’amour, de l’amitié ... - pour qu’ils l’admirent et en jouissent (Ecclésiaste 2.24-26 ; 9.9 Jean 2.1-10 Matthieu 11.19 I Timothée 4.1-5).
Toute la création chante la louange de Dieu et exprime sa grandeur et son amour (cf. Psaume 104 par exemple). Comme Jésus, nous sommes appelés à apprécier, chacun pour notre part, tout ce que Dieu a créé en ne manquant pas de lui exprimer notre reconnaissance à chaque fois que nous avons conscience d’en bénéficier. La joie du chrétien est d’apprécier ces choses et aussi de les partager avec ceux qui n’ont pas les mêmes privilèges que lui ( I Timothée 6.17-19).
Etre un homme spirituel ne consiste donc pas à étouffer ou nier tous nos désirs (Psaumes 37.4 ; 38.10) mais à les soumettre à Dieu dans la confiance, la joie et le respect de sa volonté.

La convoitise survient :

lorsque nous envions ce qui n’est ni à nous ni pour nous : l’homme ou la femme de notre prochain par exemple, mais aussi ses biens, son caractère, sa réputation, sa réussite, sa « chance », sa santé, son intelligence, sa manière de vivre, son argent ...
Si nous devons désobéir à l’un des autres commandements pour satisfaire notre désir (par exemple voler, mentir, commettre l’adultère, ...) c’est que la simple envie s’est transformée en convoitise.
Le désir légitime s’est également transformé en convoitise lorsque nous sommes malheureux, insatisfaits ou que nous en voulons à Dieu (cp. Nombres 11.4, 34) même si ce que nous désirons peut paraître tout à fait raisonnable. Celui qui convoite n’est jamais pleinement heureux.

Ce dixième commandement touche à « l’invisible ». Il va au coeur des choses

Les cinq autres commandements de la seconde table ont un aspect concret indéniable. En terminant cette liste par un ordre tout intérieur, Dieu révèle déjà à son peuple qu’il n’est pas attaché aux apparences mais au coeur. Il ne se contente pas des apparences car il veut nous transformer au plus profond de nous-mêmes, dans nos affections les plus intimes.
La convoitise est un péché. Mais parce qu’elle est souvent invisible, il arrive que les gens ne lui accordent pas d’importance. Pourtant, Jésus nous apprend que la source du mal est d’abord invisible, à l’intérieur de nous-mêmes (Marc 7.14-23 cf. Jacques 1.13,14). Le mal n’est pas dans la matière. Il n’est pas seulement dans nos actes non plus.
Jésus nous dit avec force qu’on peut paraître juste aux yeux des hommes et être sale aux yeux de Dieu. (Matthieu 23. 25-28).

Qui échappe à la convoitise ?

La convoitise est l’un des péchés les plus faciles à cacher mais il est sans doute également celui qui est le plus universellement répandu. L’apôtre Paul est très lucide à son sujet (cp. Romains 7. 7-13 : à méditer !).
Dieu veut nous montrer qui nous sommes pour que nous soyons sans illusions sur nous-mêmes (I Jean 1.8). En même temps, il veut nous montrer qui Il est : sa sainteté, son amour, sa grâce, son pardon. Jamais l’un sans l’autre !
C’est quand nous acceptons de marcher dans la lumière que les péchés autrefois cachés se révèlent à nous dans toute leur ampleur et leur horreur . Plus on progresse dans la lumière de Dieu, moins on est fier de soi. Plus on sera capable aussi de saisir la grâce de Dieu qui nous aime comme nous sommes. Son amour et son pardon sont toujours plus grands que nos péchés.
N.B. L’hypocrisie guette les chrétiens sans doute plus que les autres hommes car ils cherchent à se conformer aux modèles bibliques. S’ils n’y arrivent pas, ils sont tentés de cacher leurs défauts réels pour ne pas offenser Dieu aux yeux des autres et en donnant une mauvaise image du chrétien. (N.B. C’est sans doute aussi parce que nous avons besoin d’être appréciés, mis en valeur, estimés, aimés ... que nous donnons parfois une autre image de nous-mêmes que la réalité). Gare au piège !
Mais même sans aller jusque là, qui connaît parfaitement son coeur, sa conscience, ses motivations ? Dieu n’est-il pas le seul qui sonde parfaitement « les reins et les coeurs » (Jérémie 11.20 ; I Samuel 16.7) ? Quel bonheur alors de savoir qu’il nous accueille tels que nous sommes et non pas tels que nous aimerions ou devrions être(Psaume 139) !
Ainsi, le chrétien qui se sent comme Paul « le premier des pécheurs » (I Timothée 1.15) est quand même joyeux et plein d’assurance car il goûte encore plus que les autres la grâce de Dieu et tout ce que son salut nous apporte (cp. Romains 7.14-25 et Romains 8.1-39).

Pour lutter contre la convoitise

La convoitise devrait faire partie du passé du chrétien (I Pierre 1.14 ; 4.2). Il sait qu’il vit dans un monde marqué par la convoitise mais il n’y participe plus (II Pierre 33 ; I Jean 2.15-17).
Cependant, inutile de la nier. Elle est toujours là, tapie, prête à bondir. Inutile de vouloir la chasser à coups de bonnes résolutions ou de chercher de fausses excuses (Jacques 1. 13-15). Il faut la présence de Dieu en nous pour lutter efficacement contre cette partie de nous-mêmes.

Demandons à Dieu ce que nous souhaitons et examinons nos motivations

Pour Jacques (4.1-6), ce n’est pas plus compliqué que cela : vous convoitez et vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas. Vous n’obtenez pas ce que vous demandez car vous demandez mal, avec de mauvaises motivations. Le résultat est consternant ! N’oublions pas que Jésus a dit : « Demandez et vous recevrez afin que votre joie soit parfaite » (Jean 16.24).

Ecoutons notre Dieu nous dire :

« Tu es toujours avec moi. Tout ce que j’ai est à toi » (cp. Luc 15.31).
« Ma grâce te suffit car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (II Corinthiens 12.9)
« Vous avez tout pleinement en Jésus » (Colossiens 2.10)
... et bien d’autres choses encore.
En fait, tout est déjà dans la Parole de Dieu. Mais avons-nous pris le temps d’entendre, la peine de comprendre, que ces paroles nous sont adressées à nous aussi ?

Mettons son commandement d’amour en priorité devant nous

« Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet, les commandements : « Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne tueras pas, tu ne déroberas pas, tu ne convoiteras pas, et ceux qu’il peut encore y avoir, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait pas de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi. » (Romains 13.8-10).


C’est Saint Augustin qui a dit : «Aime et fais ce que tu voudras». Il n’avait pas tort dans ce sens.